dimanche 28 novembre 2010

25 novembre 2010, éliminer les violences faites aux femmes

Une fois qu'on a ouvert les yeux, difficile de rester en marge des manifestations organisées à l'occasion du 25 novembre.

le 25 novembre ? C'est la date choisie par l'ONU en 1960 pour célébrer la Journée Internationale pour l'Élimination de la Violence à l'égard des Femmes et mettre en place des programmes pour l'élimination de ces violences.

Cinq décennies plus tard, les chiffres sont toujours terrifiants. Des millions de meurtres, de tortures, de viols et de mutilations sexuelles de par le monde. Pas un problème individuel, une question de société, partout dans le monde.

Mais comment venir à bout des violences faites aux femmes si on ne déconstruit pas les rôles auxquels nous assignent nos sociétés patriarcales ?


En France, selon l'Observatoire National de la Délinquance, le nombre de femmes victimes de violences physiques et sexuelles a augmenté en 2009 :

- 654 000 femmes violentées en 2009
- 1 femme meurt tous les 2 jours sous les coups de son compagnon
- 198 000 femmes victimes de tentatives de viols en 2009, 75 000 sont violées.
- 8 fois sur 10 l'agresseur est connue de la victime, 1/3 des viols ont lieu au sein d'un couple.

2010 : La lutte contre les violences faites aux femmes est déclarée Grande cause nationale par le 1er ministre. Un effet d'annonce : les finances ne suivent pas et les associations d'aide aux victimes sont au bord du gouffre. Le gouvernement se défausse sur les régions ou les municipalités pour financer les hébergements d'urgence ou les emplois pour les personnes qui accompagnent les victimes des violences.

Et malgré tout, une étape a été franchie ce 9 juillet 2010.
Suite à la mobilisation des associations féministes, et à quelques parlementaires convaincu-es, le Parlement a enfin légiféré.
J'étais allée, avec d'autres responsables féministes, assister à la séance du Sénat consacrée à cette loi.
Malaise : 2/3 de l'hémicycle était vide. Indifférence, gène ou déni du problème dans cette assemblée composée à 78.2 % d'hommes ?
Pourtant, celle loi est une avancée historique pour les droits des femmes en France.
Vote à l'unanimité de la loi contre les violences faites aux femmes et création de " l'Ordonnance de protection". En d'autres termes, le juge des affaires familiales peut prendre une mesure d'urgence, type éloignement du conjoint dangereux, quand une femme semble en danger.

25 novembre 2010 : la loi n'est toujours pas appliquée dans tous les départements, faute de sensibilisation et de formation des professionnel-les. Une majorité des victimes ont peur d'aller chez les gendarmes ou les policiers. La suppression du Ministère des Droits des femmes et le démantèlement du SDFE (Service des Droits des Femmes et de l'Égalité) entravent la mise en œuvre de cette loi. Les services du SDFE étaient chargés entre autre, d'impulser et de mettre en place sur tout le territoire français, la lutte contre les violences faites aux femmes. Aujourd'hui, sans Ministère des Droits des Femmes, ni d'administration pour suivre l'application des lois, difficile de faire avancer les droits des femmes dans la réalité.



Alors si le CNDF, Collectif National pour les Droits des Femmes, à l'origine de la loi votée le 9 juillet dernier, a estimé qu'un grand pas avait été franchi du point de vue législatif, il a appelé à un
rassemblement devant le Ministère des Finances ce 25 novembre. Nous le savons, cette loi, a besoin de financement pour être appliquée. Or, si certains conseils régionaux ou municipalités apportent leurs contributions financières, le désengagement financier de l'État sans compensation des collectivités territoriales est un frein à la mise en œuvre de cette loi.

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